Archive for March, 2010
Attaqués à la voiture-bélier
Alors voilà , ça se la pète en annonçant du bouquin à tout va, et pis plof, rien.
C’est Ă dire que j’ai failli mourir.
Je vous rassure, je ne suis pas morte, pas comme Sabrina de Moundir (ma nouvelle passion télévisuelle).
(ApartĂ©) Sabrina, sĂ©ductrice dans l’Ă©mission “Moundir l’aventurier de l’amour”, a dĂ©clarĂ© : “Il y a quelques annĂ©es, je suis morte”. Et non, ce n’est pas une blague, doit mĂŞme y avoir des images quelque part… (Fin de l’apartĂ©)
Et donc oui, j’ai vĂ©cu un truc de dingue. Ce matin, vers 11h, je suis au bureau (comme souvent le matin vers 11h, d’ailleurs), quand j’entends, en mĂŞme temps que mes collègues tout aussi abasourdies, d’Ă©normes bruits de bris de glace, voire de mur. Notre immeuble, lui, ne cesse de trembler.
ImmĂ©diatement, comères que nous sommes, nous nous prĂ©cipitons Ă la fenĂŞtre pour voir ce qu’il se passe. On ouvre les dites fenĂŞtres, quand d’un seul coup l’une de nous hurle “fermez, fermez, ils sont peut-ĂŞtre armĂ©s !”.
Hop, retour au centre de l’open space.
Une voiture-bélier est en train de défoncer la banque située au rez de chaussée de notre immeuble.

Ce qui est un peu idiot de la part des mecs qui ont fait ça, c’est qu’ils se sont quand mĂŞme attaquĂ© Ă l’un des immeubles d’un des plus grands groupes de presse de France. Et donc accessoirement un mĂ©ga vivier de journalistes et de camĂ©ras.
J’vous passe les dĂ©tails, mais ça faisait pas 5 minutes qu’ils Ă©taient arrivĂ©s/partis (ça s’est passĂ© très vite), que nos collègues du JDD.fr et des autres mĂ©dias Ă©taient en train de filmer…
On apprend alors qu’il n’y avait en fait qu’un (jeune) homme au volant. Un de ses potes l’attendait sur un scooter, prĂŞt Ă partir… En gros, pas d’arme, pas de bobo, mais Ă 14h, je tremblais encore…
14 commentsOrly - Jacques Brel
Ca faisait longtemps que je n’avais plus lu.
Par manque de temps, mais surtout par fainĂ©antise. Aussi parce que je n’avais plus de bouquin qui me faisait envie, aucune razzia rĂ©cente dans une librairie.
Il y a quelques semaines, en faisant mes cartons, je suis retombĂ©e sur un livre achetĂ© il y a plusieurs mois, presque annĂ©es. Quand j’ai vu la couv’, je me suis immĂ©diatement souvenue oĂą je l’avais achetĂ©, pourquoi, ce que j’avais ressenti en le feuilletant. L’espoir que j’avais placĂ© en lui en passant Ă la caisse, vite vite, le lire.
Mais il devait faire partie d’un bon stock achetĂ© ce jour-lĂ , et puis je n’avais pas commencĂ© par lui, et puis je l’avais oubliĂ©. Trop bĂŞte.
Ce jour-lĂ , assise par terre dans mon ancien salon, des piles et des piles de livres autour de moi, le cĹ“ur un peu gros, ça m’a fait comme quand on retrouve un vieux billet au fond d’une poche. Ou un paquet de clopes dans un tiroir un dimanche soir. Une grande petite joie.
Je l’ai empaquetĂ©, tirĂ© le gros scotch marron. Ce serait le premier bouquin de ma nouvelle vie. J’ai dĂ©cidĂ© d’attendre d’ĂŞtre dans mon nouveau chez moi pour le commencer.
Il s’appelle “J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger”, et est Ă©crit par Paul M. Marchand. Un auteur, allez j’avoue, dont je n’avais jamais entendu parler.

Eh bien ce livre est un bijou.
Une histoire d’amour, Ă©videmment. Une histoire vraie, surtout. DĂ©rangeante. Un amour qui dans nos sociĂ©tĂ©s est puni par des annĂ©es d’emprisonnement.
La narratrice n’en fait pas mystère, elle est consciente de tout ça, de ces quelques lettres : i-n-c-e-s-t-e.
Mais c’est plus que ça, ce n’est pas tout Ă fait ça. Extrait.
“Après avoir fait l’amour, Ă une Ă©poque oĂą nous n’étions plus Ă surveiller nos inhibitions, j’avais pris du bout des doigts un peu de sa semence qui coulait entre mes seins. Je l’avais laissĂ©e rouler entre les pulpes de mon pouce et de mon index, comme un nuage que j’aurais dĂ©crochĂ© du ciel.
J’étais une descendante de cette substance laiteuse, de cette Ă©cume visqueuse et Ă©paisse qui me procurait tant de plaisir et que j’aimais sentir me brĂ»ler la peau, le ventre, la langue. J’inspectais ce cristal neigeux pour voir si ça gigotait encore Ă l’intĂ©rieur, s’il y avait quelques rescapĂ©s en train d’agoniser. Je recelais ma genèse entre les doigts ; de cet excĂ©dent d’euphorie, presque une incontinence, j’étais donc nĂ©e…
Sous mon oreille, j’entendais danser le cĹ“ur de « mon père ». J’ai rompu le silence en lui disant que j’examinais mes origines, la source vive de ma naissance. « Mon père » s’est levĂ© d’un bond, il Ă©tait agitĂ©, il m’a dit : « Ne dis pas ça… Ne dis pas ça… »”
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