Archive for the 'Humeurs' Category
Extrait
« Connaissez-vous, messieurs, mesdames, la douleur de lâennui. Car câest une douleur, la plus minutieuse. Elle se glisse au fond de lâĂąme, elle se niche entre les dents. On mange sans goĂ»t, on vit sans voir. Je mâappelle Albe, je ne crois en rien. On me parle. Les mots sont des grains de sable. Lâensemble fait un dĂ©sert. Jâai perdu une chose mais jâignore quoi. Il est mĂȘme douteux que je lâaie jamais possĂ©dĂ©e, cette chose. Pourtant, câest sĂ»r, je lâai perdue. Expliquez-moi qui je suis. Donnez-moi de mes nouvelles. »
Christian Bobin - “La femme Ă venir”
7 commentsEn haut de ma butte

VoilĂ , ça, c’est la vue depuis ma nouvelle fenĂȘtre.
J’ai dĂ©mĂ©nagĂ© il y a une semaine. Je vis maintenant en haut de la butte, aux Abbesses.
C’est joli, ici.
AprĂšs beaucoup d’annĂ©es, je revis seule. J’aime bien ne voir que mes livres dans mon salon, j’aime bien ne retrouver que mon bordel, le soir, en rentrant. Evidemment, il n’y a plus personne pour me demander comment s’est passĂ©e ma journĂ©e.
De toute façon, la rĂ©ponse est toujours la mĂȘme : “j’ai bossĂ© comme une dingue”.
Je refuse de trouver la situation triste. Je me dis que c’est une nouvelle aventure qui commence. Je me dis qu’il n’y a aucune loi qui interdit les gens qui ont vĂ©cu ensemble de se revoir.
J’Ă©coute les tĂ©moignages des copines, mon champ de vision s’Ă©largit. En mĂȘme temps, c’est facile, en haut de ma butte, j’ai tout Paris sous les yeux.
16 commentsRas le bol de me faire traiter de pute quand je porte une minijupe.
Si vous lisez le magazine ELLE, vous avez du le voir, cette annĂ©e le journal rĂ©-organise les Etats gĂ©nĂ©raux de la femme. J’ai envie de vous en parler, mais pas parce que je travaille lĂ -bas, juste parce que contre toute attente, ça me touche. Je vais essayer d’ĂȘtre la plus sincĂšre possible, c’est pas pour faire de la pub, juste parce qu’au dĂ©but je m’en fichais, et que j’ai fini par trouver en moi une once de militantisme, un truc de ouf.
Donc, quand je suis arrivĂ©e lĂ -bas, j’ai trĂšs vite su que j’allais bosser sur le sujet. Ce qui en soi m’embĂȘtait, puisque les Etats gĂ©nĂ©raux, j’en avais jamais entendu parler.
Du coup, pour ne pas paraĂźtre trop inculte, j’ai lu pas mal de trucs, achetĂ© les anciennes encyclopĂ©dies datĂ©es 1970 sur Ebay, posĂ© des questions et des questions. J’ai appris que ces Etats gĂ©nĂ©raux de la femme avaient dĂ©jĂ eu lieu en 1970, que les femmes s’Ă©taient mobilisĂ©es pour faire se faire entendre, pour faire bouger les choses.
Relancer ces dĂ©bats, cette consultation des Françaises en 2010, j’ai au dĂ©but pas tellement compris pourquoi. On vote, on prend la pilule, on travaille et parfois mĂȘme on a des fuck friends. En prenant ma vie comme exemple, je ne voyais pas ce que j’avais Ă revendiquer, mon mec faisant mĂȘme la vaisselle.
Ca me mettait vraiment dans une sale situation, cette histoire, vu que j’Ă©tais quand mĂȘme censĂ©e donner envie aux autres nanas de s’inscrire aux tables rondes, mais que moi, je n’aurais rien eu Ă dire.
Et puis ma chef a eu cette phrase : “T’es sĂ»re que toi, Marion, tu n’as rien Ă revendiquer ? Tu crois vraiment que si tu avais Ă©tĂ© un homme, ta vie aurait Ă©tĂ© la mĂȘme ?”
Au dĂ©but, j’ai dit oui.
Les collants plumetis en moins, mais c’Ă©tait pour faire une blague.
Et puis je me suis souvenue des salaires de mes compatriotes masculins, j’ai entendu mes amis parler d’une fille qui avait couchĂ© avec pas mal de garçons, j’ai entendu “tous les mecs de la place de Paris”, j’ai entendu “salope”.
Ce qui est drĂŽle, c’est que quelques jours plus tĂŽt, on avait eu une discussion avec mes collĂšgues sur l’adage “Un homme qui couche avec plein de filles, c’est un Dom Juan, une fille qui couche avec plein de mecs, c’est une salope”.
Les filles disaient que ce n’Ă©tait plus vrai. Plus aujourd’hui.
Une autre a nuancĂ© en disant que ce n’Ă©tait plus le cas des femmes à Paris, mais qu’en province, c’Ă©tait toujours plus difficile pour ces filles.
Moi, j’ai rien dit, parce que j’Ă©tais sĂ»re de rien.
Mais lĂ , aprĂšs quelques trucs vĂ©cus ces derniers jours, je suis persuadĂ©e qu’Ă Paris comme en province, une fille qui aime sĂ©duire reste une salope. Qu’une nana qui porte une minijupe continue Ă se faire traiter de pute. Que pour avoir un contrat digne de ce nom, il faut davantage se battre, et mĂȘme parfois en usant de quelques sourires.
Ces Etats gĂ©nĂ©raux de la femme, je m’y sens finalement impliquĂ©e. Je suis fiĂšre d’y participer, mĂȘme si c’est un boulot de dingue, mĂȘme si je me sens toute petite en face d’une Ă©norme montagne, mĂȘme si, heureusement, on a moins Ă revendiquer.
Si ça vous intéresse, vous pouvez lire des interviews ou vous inscrire aux tables rondes ici : http://www.elle.fr/elle/Societe/La-parole-aux-femmes
Ensemble, j’espĂšre, nous serons plus fortes.
11 commentsT’es trop belle !
C’est bizarre, je trouve, un compliment.
J’ai jamais vraiment rĂ©ussi Ă en faire sans que ça sonne faux. Alors que clairement, je pense beaucoup de bien des personnes qui m’entourent, mais ça passe pas le seuil de mes lĂšvres.
Y’a un peu plus d’un an, j’ai rencontrĂ© une fille incroyable, qui porte le mĂȘme prĂ©nom que moi (ça a un peu aidĂ© au copinage). Cette fille, Marion (le suspens est pas hyper intense, hein), a le compliment Ă portĂ©e de langue, tout le temps, mĂȘme quand elle vit un putain de truc dur, elle oubliera pas de te dire que “t’es trop belle aujourd’hui”, que tes cheveux brillent (c’est parce qu’ils sont sales) ou que ton sac Ă main Chanel est dĂ©ment (c’est un Zara).
Pourtant, ou plutĂŽt en plus, Marion bosse dans la mode. Imaginer des looks, crĂ©er des styles, c’est son mĂ©tier. Je pense que dans le fond, pour reprendre l’exemple du sac, elle avait trĂšs bien vu que c’Ă©tait un Zara, ou un truc de chinetoc. On la lui fait pas. Quand une copine lui raconte que c’est chaud avec son mec, elle va toujours trouver un chouette truc Ă dire sur le mec, mĂȘme si elle se rend bien compte, parce que Marion est une fille intelligente, qu’il y a un truc qui cloche dans cette relation. Mais elle prĂ©ferera en dire du positif, pour pas plomber la copine. Elle dĂ©fend toujours tout le monde. Sauf ses stagiaires, des fois, mais le lendemain elle culpabilise comme une dingue.
C’est un truc que je trouve fabuleux, en elle. A ses cĂŽtĂ©s, on se sent la fille la mieux du monde.
Alors, pour pas trop rougir, quand elle demande : “tu fais quoi ce soir ?”, je rĂ©ponds souvent “je vais d’abord faire caca, ensuite je verrai”.
Et aprĂšs on se marre comme des baleines.
19 commentsFemme Ă lunettes…
…femme qui se la pĂšte. Eh ouais, c’est forcĂ©.
Mais m’en fous.
Depuis genre 2 semaines, j’ai des lunettes. (Mensonge : j’en porte depuis que je suis au lycĂ©e, mais les autres Ă©taient moches.)
Donc depuis genre 2 semaines, j’ai des lunettes que je trouve belles.
Et que du coup je porte tout le temps, mĂȘme quand je suis pas devant un ordi, c’est Ă dire mĂȘme quand j’en ai pas besoin, juste pour me la jouer.
Voilà , je ressemble à ça :

Je les cherchais depuis un moment. Au dĂ©but (comme tout le monde), je voulais les Wayferer de Ray-Ban, mais comme c’Ă©tait trop comme tout le monde et qu’en toute objectivitĂ© j’avais dĂ©jĂ 3 ans de retard, je me suis dit que j’aurais l’air con avec.
Alors j’ai pris celles-ci. Au rayon homme de chez Afflelou, parce qu’au rayon femme ça faisait trop mĂ©mĂšre.
De toute façon, en ce moment je ne me fringue qu’en mec, et j’adore ça.
Peut-ĂȘtre qu’un jour si je suis motivĂ©e je vous montrerai mon manteau d’homme, mes pompes d’homme et mon Ă©charpe d’homme, mais pas lĂ , j’ai la flemme.
Et donc, ces lunettes. J’vais parler franc et tout avec vous, avant, je me trouvais fadasse. Faut dire que blonde au teint de bidet et aux yeux bleus, on a fait plus colorĂ©. Ah pardon, j’oubliais les boutons.
Ouais, du rouge quoi.
Et bin depuis que je les porte, je trouve qu’enfin, j’ai un style. J’ai pas dit du style, hein, attention, j’ai dit un style, qui je trouve me correspond pas mal. Du genre mec, mais avec les cheveux longs.
Du genre Jean Sarkozy.
Nan je l’ai pas dit.
Ca me dessert, trop, attends !
Merde, maintenant je re-regarde la photo, et je me trouve des ressemblances avec lui.
Chier.
Ca y est, je suis déprimée.
Adieu, mes cailles.
Je m’en vais prĂ©sider l’Epad, et bordel, y’a du boulot.
13 commentsPetite question
Pourquoi est-ce que c’est toujours LE jour oĂč on rĂ©ussit son brushing qu’il pleut Ă verse ?
Y’a une loi mĂ©taphysique dont je n’ai mystĂ©rieusement jamais entendu parler ?
C’est une vengeance ?
Vos thĂ©ories sont les bienvenues…
4 commentsI love BB
Chers amis,
ce NoĂ«l m’a tuĂ©e. Et je ne vous ferai mĂȘme pas la blague du -ER Ă la fin du mot “tuer”, parce que je la vois partout en ce moment et que je commence Ă trouver ça sur-beaufissime.
Vous l’aurez compris, l’esprit de NoĂ«l n’est pas passĂ© par moi cette annĂ©e ; je suis restĂ©e aigrie et fatiguĂ©e, prĂȘte Ă dĂ©gainer vannes bien senties sur remarques assassines au moindre idiot croisĂ©. Et des bĂȘtas, j’en ai vus : prenez n’importe quel grand magasin un 23 dĂ©cembre ou le pĂ©riph’ un dimanche soir, il y a ce qu’il faut.
Enfin bref, je me plains, je me plains, mais j’ai encore une fois Ă©tĂ© sur-gĂątĂ©e, comme quoi je ne suis vraiment qu’une ingrate.
Ăa doit ĂȘtre l’esprit Benjamin Biolay qui se faufile en moi. AprĂšs avoir clamĂ© mon amour tout rĂ©cent pour ce mec et rĂ©clamĂ© son album un million de fois (au moins), j’ai fini par le trouver sous le sapin.

Et lĂ , mon thĂ© Mariage FrĂšres Ă la main (encore un cadeau…), j’Ă©coute ce mec que j’ai canonisĂ© il y a quelques semaines, dĂšs les premiĂšres notes de “La superbe” parvenues Ă mes oreilles. La chanson autant que l’album, simplement superbe (je sais, elle est facile).
Pour ĂȘtre tout Ă fait honnĂȘte, comme je l’Ă©crivais plus haut, mon amour pour BB est tout rĂ©cent. Avant la rĂ©vĂ©lation musicale, je trouvais que ce mec avait l’air trop sale et trop torturĂ© (alors que pourtant, le look torturĂ©, Dieu sait que j’adore), pour tout dire, je lui trouvais l’air malsain.
Mais c’Ă©tait avant.
Avant l’exceptionnel film Stella, aussi :


Vous l’avez vu ? Il y est fabuleux.
Maintenant, j’ai envie d’ĂȘtre sa pote, sa maĂźtresse, son amour.
Comme quoi, le cinĂ©ma et la musique, ça marche toujours aussi bien pour draguer les filles…
Allez, une petite playliste de mes “must-listen” :
(Joyeux NoĂ«l…)
1 commentGolden life
(Ouais, c’est la mode des titres en anglais.)

Allez hop, on revient à des trucs sérieux, des trucs de meufs quoi.
Et pour aujourd’hui, parce que les fĂȘtes sont bientĂŽt lĂ , voici une sĂ©lection dorĂ©e !
First of all, mes nouvelles Repetto. Voyez, je me la pĂšte, je dis “nouvelles”, alors qu’en vrai j’en ai jamais eu. Mes PREMIĂRES Repetto, donc. DorĂ©es comme tout, qui luisent dans la nuit, le kiff intersidĂ©ral. PayĂ©es 30 euros (neuves !), Ă la braderie ELLE, j’adore ce nouveau boulot !
DeuxiĂšme dans la file, private petite annonce, mon parfum : Palazzo de Fendi, j’en ai presque plus. Fin de la petite annonce.
Ensuite, la mĂ©ga pure daube intersidĂ©ral de l’univers cosmĂ©to : la crĂšme Dramatically Different de Clinique. Dramatical, je confirme. Je l’avais rĂ©cupĂ©rĂ©e quand je bossais chez elleadore.com, j’Ă©tais hyper contente, je la voulais depuis des mois. PersuadĂ©e, vu la taille du flacon, que c’Ă©tait une crĂšme de corps, elle a donc servi, Ă ses dĂ©buts, Ă hydrater mes mollets poilus.
Eh bien elle Ă©tait parfaite pour cette utilisation. Je m’en vante donc auprĂšs de mes collĂšgues, qui se dĂ©composent Ă mesure que je parle. “MAIS BORDEL TU SAIS COMBIEN ELLE COUTE CETTE CRĂME POUR QUE TU LA METTES SUR TES JAMBES ?”
En l’occurence, non, je savais pas, elle nous avait Ă©tĂ© offerte. Enfin bref, je vous passe les dĂ©tails, en crème de soins du visage, elle est nulle Ă faire caca, elle colle et poisse et beuhhhhhhh. Vous ruinez pas lĂ -dedans.
Le troisiĂšme flacon, contrairement Ă celui d’avant, est celui sans lequel Choupi et moi ne survivrions pas Ă l’hiver. (Survivrions ? SĂ©rieux ? Ăa existe ?) Ca s’appelle du Citrobiotic, c’est un antibiotique naturel, fait Ă partir d’extraits de pĂ©pins de pamplemousse.
Ăa coĂ»te une blinde, c’est dĂ©gueulasse, mais on est jamais malade. Et si par le plus grand des hasards on se chope un mal Ă la gorge, en une nuit c’est rĂ©glĂ©. Donc lĂ , vous pouvez investir ! Il s’achĂšte en magasins bio.
Le petit pot devant, c’est ma dĂ©couverte de la semaine, un roll-on enlumineur lumiĂšre je sais pas quoi de Thierry Mugler, au dĂ©but je me disais que j’aurais l’air tarte avec, eh bien en fait pas du tout, il dĂ©pose un LĂGER film orangĂ© sur le haut de mes pomettes, et pouf, on a l’impression que je re-reviens de Cuba. Classe !
Et enfin un Werthers, parce que c’est bon.
3 commentsUn chouette voisin
Je vous racontais la semaine derniĂšre une jolie histoire cubaine, mais finalement, les belles choses n’arrivent pas qu’Ă l’autre bout de la planĂšte…
La cour de mon immeuble, par exemple, est hyper crĂ©atrice de trucs dĂ©ments. Je ne sais pas d’oĂč elle sort toutes ces good vibes, mais aprĂšs m’avoir permis de jouer la star dans un mag’ pour ado, elle me fait maintenant reflĂ©chir au concept de voisinage, de communautĂ©, d’Ă©change du savoir et tutti quanti.
Attendez, ne partez pas, on va pas causer philosophie, vous me connaissez ; Ă part les pompes, mes cochons d’Inde et mon mec, je reste une fille aux centres d’intĂ©rĂȘts assez restreints.
N’empĂȘche.
Un matin, en partant au boulot, j’ai trouvĂ© un bouquin posĂ© sur le rebord d’une fenĂȘtre.

C’est pas la premiĂšre fois que je constate que des livres Ă©lisent domicile dans cette cour. Avant, j’osais pas les prendre. Faut dire aussi que c’Ă©tait limite du Janine Boissard, alors bon, ça m’intĂ©ressait moyen.
Mais lĂ , ouch, il me faisait envie. (Surtout parce que j’ai depuis toujours des problĂšmes de comprĂ©hension Ă propos de la maniĂšre convenable d’Ă©crire le titre d’un livre sur le web : italique, gras, guillemets ?)
Enfin, en bonne citoyenne, j’ai laissĂ© passer une journĂ©e, puis deux, et comme il ne disparaissait toujours pas, j’l'ai embarquĂ©, hop dans mon sac, pour une dĂ©couverte en catimini.
12 commentsDevinette

Petit a : Je me pétassifie
Petit b : J’essaie d’arrĂȘter de fumer
Petit c : Je vais mourir de toute façon
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