Archive for the 'Textes drogués' Category
Pour bien commencer la semaine
Il etait une fois une maramitte poilue et decevante qui voulait bouffer un ecureuil en rut mais il ne reva plus jamais de sa gd mere allumee par george clooney. C’etait le meilleur fucker trasheur du zoo logique sans compter le coleoptere charnu.
Soudain, arrivant de nullepart, plusieurs messagers : jauneapoinvert apparurent et firent pour la premiere fois l’amour tousnus .
Le marabout requisitionna (sylvie tu suipalistoir) (mais si) lécorps (qui est lécorps ?) pour maramite petillante sous l’œil attentif de l’ecureil degouté qui vomissait partout. Belle nature verte. La chaiiiiiiiiiiiiiiise n’maison des bois et son tupperware.
Nanenfait c’est l’histoire d’uneprinecessfrigide c’est pourquoi les gens ne fourniquaient que dans leur propre QI (chercher l’erreur). Ainsi uneprinecessfrigide brillade1000feux devançon prince deLu dépité (baouielleéTfrigidekanmeme) voire, aumoins quoi ! fautpaslefairechierlui !, lave a souhait.
Tandis que briançon château de sable (jah chètunchah toenespagne) (jachetunmondoutoulemondegagne) dirigeait le mordor (besoin pressant) (lavihenavidécidéainsi) ; par contre, pendancetan, ledico senvoyait enlair avec jonathan, le cuisinant en sa maison fumante grimpant les escaliers quiallaient à la chambredelagross ;quelle tragedie quand elle arrivalabas (lapovrkanmeme) ses menstruations reprenaideplubel…
comment pouraitelle desormais penséaotrechose que ça ? da wollenwiruns wiedersehen…
Tandis que sa –tan ne la baisait pas pourla3emefois encompagnie dun meerschweinchen de sabinnnnnne qui copulaidune forceincroyable comme d’habitude (je m’lève).
Apres moultes experiencesexuelles, ellese sentaitsi mal pareillahune pommdepin abusée(parunhecureil). Mais la pauvre carafe deconnait unmax avec ses bouteilles.
8 commentsComme Clotilde Courau, j’ai une vie Ă la fois banale et extraordinaire
Dans le Elle de cette semaine, notre chère Clotilde déclare : (je vire les passages inintéressants, parce que sinon vous allez vous endormir)
” Ecrivez que j’ai 40 ans. J’en ai 38, bientĂ´t 39, mais je prĂ©fererais avoir dĂ©jĂ 40 ans. J’ai mĂŞme hâte d’avoir 90 ans. Plus le temps passe, plus j’ai le sentiment d’aller Ă l’essence de ce que je suis.Après avoir vĂ©cu Ă Genève, je suis de retour Ă Paris (…) dans le 1er arrondissement. (…) Je suis une voyageuse, j’aime mĂ©langer les styles.
Je me lève Ă 6h15. Je fais mon stretching et, vers 7h, je vais rĂ©veiller Vittoria (4 ans) et Luisa (18 mois). En leur faisant des petites caresses. Je bois de l’eau chaude citronnĂ©e puis je mange des fruits. Je n’ai pas de journĂ©e type. Ce matin, j’avais rendez-vous chez le pĂ©diatre. Je suis allĂ©e avec Luisa chercher Vittoria Ă l’Ă©cole, Ă 11h20, avant de passer Ă La vie claire pour faire quelques provisions et acheter des tisanes de thym, de fenouil et de romarin. Du pain d’Ă©peautre avec un morceau de feta, de l’huile d’olive italienne, une tranche de saumon et un jus de carotte : ça peut faire mon dĂ©jeuner !
L’après-midi (…), j’enchaĂ®ne les rendez-vous. Avec un journaliste, mon agent, un metteur en scène ou ma professeure de chant. (…) J’ai une vie Ă la fois très banale et extraordinaire. (…) Un jour, je peux participer Ă un colloque Ă Palerme pour la Croix-Rouge italienne et, le lendemain, partir pour un tournage Ă l’Ă©tranger. J’ai une grande capacitĂ© d’adaptation. Et puis, je suis quelqu’un de profondĂ©ment simple.”
Mais moi aussi j’ai une vie extraordinaire, voyez donc ça :
Ecrivez que j’ai 20 ans. J’ai vraiment 20 ans, et je souhaite avoir 20 ans toute ma vie. Mes seins sont fermes, je n’ai pas de ride et la jambe galbĂ©e. Plus le temps passe, plus je me sens moche.Après avoir vĂ©cu en banlieue de Genève, je suis partie vivre Ă Paris. (…) dans le 17ème arrondissement. (…) Je suis une voyageuse, j’aime mĂ©langer Ikea, Casa et Pier Import.
Je me lève Ă 7h30. Je jette mon rĂ©veil par terre et je me rendors. Vers 8h20, mon amoureux me jette du lit avec des petites caresses sous prĂ©texte que je suis censĂ©e ĂŞtre dans 40 minutes Ă mon travail. Je bois l’eau chaude de ma douche pour me dĂ©saltĂ©rer puis j’ingurgite un verre de jus de fruit Leader Price pĂ©rimĂ©. Ce matin, j’avais rendez-vous avec mon ordinateur. A 11h20, j’ai pris l’ascenseur pour aller fumer une clope, avant de remonter mon cogner mon boulot. Une assiette de frites de la cantine et un P’tit encas Ă la pomme : ça peut faire mon dĂ©jeuner !
L’après-midi (…), j’enchaĂ®ne les coups de fils. Avec un fournisseur, un client, quelques connaissances professionnelles. J’ai une vie Ă la fois très banale et extraordinaire. (…) Un jour, je peux participer Ă un conseil d’administration dans une salle surchauffĂ©e et, le lendemain, partir pour une reconnaissance en banlieue lyonnaise dĂ©gueulasse ! J’ai une grande capacitĂ© d’adaptation. Et puis, je suis quelqu’un de profondĂ©ment simple.
Le pire, c’est que j’aime bien Clotilde Courau…
13 commentsErreurs
Y’a des jours oĂą dĂ©finitivement tu te demandes vraiment quel but tu poursuivais, ou alors quelle drogue tu t’Ă©tais injectĂ©e pour faire des conneries pareilles.
Alors y’en a des graves, et ça c’est pas de bol. HĂ©las, ça arrive.
Il y en a aussi des moins graves, mais qui ne manquent pas de te faire réfléchir sur ton moi profond, sur ton rapport à la mode et à ton compte en banque.
Genre les petites ballerines rouges hyper tendance que t’as achetĂ©es la semaine dernière. Tu partais quelques jours Ă Berlin pour le boulot, et devant ton armoire Ă chaussures exclusivement remplie de Converses, tu t’Ă©tais dit que bon, ça va moyen le faire, tu vas essayer d’avoir l’air un peu classe, pour une fois. Alors tu les as vues (les ballerines), elles Ă©taient rouges et en 38, alors que ça fait 20 ans que tu dis que tu n’aimes pas le rouge et que tu fais un 39 qui commence par un 4.
Pourtant t’as achetĂ©. La veille de Berlin. Des chaussures neuves trop petites avant un salon oĂą tu seras tout le temps debout, en train de piĂ©tiner. Tes orteils n’ont pas survĂ©cu. Les chaussures sont restĂ©es au fond du placard.
Y’a aussi eu l’adorable petite paire de gants kaki avec des paillettes dorĂ©es dedans, qui ne vont avec rien et te donnent l’air d’une clodo, mais que t’avais craquĂ© rapport qu’elle devait ĂŞtre Ă 4 € chez H&M près des caisses, et que tu ne rĂ©sistes jamais vraiment aux conneries placĂ©es près des caisses. Ils sont fort ces marketeux.
On passe sur le pull Gap Ă -30%, que s’il avait Ă©tĂ© chez Zara Ă ce prix-lĂ tu n’y aurais mĂŞme pas songĂ© (trop cher) mais que lĂ pour du Gap, avec 0.02% de Cashmere, tu t’Ă©tais dit que t’avais fait une bonne affaire. Un lavage Ă Â la main plus tard, le truc n’avait plus aucune forme, fond de la commode.
Bref, t’es un peu une championne des erreurs d’achat, et Ă chaque fois tu te demandes vraiment ce que t’as bien pu ingurgiter avant de tendre ta carte bleue de manière aussi dĂ©sinvolte, pour quoi au fond ? Bah, pour rien.
6 commentsHomard défoncé à St Germain des Prés
Vous la connaissez, vous, votre madeleine ?
La mienne est ré-apparue hier, je revoyais un vieux pote, il me propose un thé, je ne fais pas attention au sachet, je goûte : Cape Trib.
C’est revenu d’un coup, le Lipton jaune, ce backpacker pourri, ma casquette vissĂ©e sur le crâne et ce dindon qui guettait nos restes. L’iguane qu’avait une gueule de serpent, qui te faisait hurler, moi je riais.
T’avais achetĂ© ce thĂ© sans moi, ou tu l’avais amenĂ©, je t’en piquais tous les matins en me maudissant d’avoir encore oubliĂ© de prendre du sucre, il avait un goĂ»t immonde, je disais ça fait du bien quand mĂŞme, je pensais putain c’est vraiment dĂ©gueu mais au moins c’est chaud.
On Ă©tait comme deux blondes, perdue au bout du monde, entre une Rainforest menaçante et une bleue Ă perte de vue, y’avait ce homard mort sur la plage dĂ©serte, y’avait ma mini-jupe en jean qui me donnait l’air d’une ado de quinze ans aux penchants pouffiasse, y’avait ton appareil photo en bandoulière et ce panorama de fou qu’on arretait pas de capturer, en disant les potes sont au bureau, et nous, qu’est-ce qu’on foutait lĂ putain.
Je ne dis rien au pote, je bois son thĂ©, avec du sucre, il connaĂ®t cet endroit, Cape Trib, il se souvient de ce backpacker, il y a Ă©tĂ©, il a vu, 2 ans avant moi, je ne lui dis rien, il n’a pas Ă savoir, c’est mon histoire, ah ouais toi aussi la fille de l’accueil Ă©tait une vieille conne.
On continue de parler, 6 mois de vie Ă raconter, t’as un boulot maintenant, moi je fais du vĂ©lo avec mon cochon d’Inde, nan dĂ©conne, sĂ©rieux ?, incroyable.
Un autre arrive, je dis bonjour et claque trois bises dont une dans le vide, j’oublie toujours qu’Ă Paris “c’est deux”, je prends mon sac et dĂ©vale six Ă©tages le regard titubant, incapable de prendre le mĂ©tro, j’y pense et ça m’angoisse, j’ère Ă St Germain des Près, je guette les taxis, je crois que tout le monde veut me tuer, et ce mec lĂ , il a pas l’air un peu louche ? Un homme qui ère la nuit Ă St Germain ne peut pas ĂŞtre complètement normal, ou alors il est complètement bourrĂ©, ou pire, et moi je suis lĂ , je perds un peu l’Ă©quilibre, finalement c’est utile un deuxième pied.
Aucun rapport, le dĂ©but de la madeleine, le thĂ© et l’homard mort, ton kway et St Germain, aucun rapport, j’ai dĂ» un peu abuser, mais, et vous ?
4 commentsStop musical
J’en veux beaucoup aux ascenseurs
Qui t’emmènent aux Ă©tages infĂ©rieurs
Au secours ! Pardon…
Tu penses qu’un jour tu mourras de nostalgie. Tu penses qu’un jour ce ne sera plus possible de repasser en boucle Satie, Johnson, Buckley, Gray et Led Zep sans consĂ©quence. Tu penses qu’un jour ça fera plus mal que d’habitude et qu’Ă ce moment-lĂ t’auras oubliĂ© tes Ă©paules Ă l’Ă©preuve d’avant, et alors tu t’Ă©crouleras.
Ce beau jour t’Ă©couteras encore et encore les chansons de ton adolescence, de ta vie d’adulte, tu attraperas ton Moleskine comme avant, tu saisiras ton stylo, et tu te rendras compte que toutes les paroles ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© couchĂ©es sur le papier, que tu les as exploitĂ©es Ă fond, ces putain de chansons.
T’as Ă©crit Alleluia de toute les manières, toutes les orthographes, t’as notĂ© Ă cĂ´tĂ© les circonstances d’Ă©coute, t’as tout retournĂ©, tout dĂ©truit, pas encore reconstruit, tu te dis que t’as tout le temps, t’as plus rien Ă Ă©crire lĂ -dessus.
T’entendras Traffic in the sky et tu ne repenseras mĂŞme plus Ă lui, le filon est Ă©puisĂ©. Il ne te restera que ton mal-ĂŞtre, liĂ© Ă rien, c’est si loin tout ça, tu repenseras Ă ce jour oĂą t’avais garĂ© ta voiture sur le parking de ton ancien lycĂ©e, t’avais mis Jack hurler dans la caisse, tu t’Ă©tais assise sur le capot, jambes croisĂ©es, t’avais regardĂ© tes souvenirs au travers de la fumĂ©e de ta cigarette, cette vieille habitude qu’Ă l’Ă©poque tu n’avais pas, t’as regardĂ© tout ça, l’Ă©tat de tes poumons, de ta vie maintenant, t’as lâchĂ© une petite larme et tu t’es trouvĂ© con.
Alors t’es allĂ©e claquer quelques euros, sĂ»rement trop, pour rentrer dans ton moule parisien, pour oublier cette jeunesse trop vite consumĂ©e, et t’as continuĂ© Ă marcher. Pas le choix.
Faut pas croire, comme ça, que j’ai envie de me tuer toutes les deux semaines…c’est faux. DĂ©jĂ c’est un peu plus espacĂ©, et puis c’est surtout que j’ai toujours eu du mal Ă rĂ©sister Ă Flake… 3 commentsSe rendre compte qu’on est inadaptĂ©e…
A la vie en groupe, au froid hivernal, à ce nouveau job, à ta mère ou bien aux pompes Gap.
Ca c’est le truc qui fout en l’air tout ce que t’as cru durant ton enfance, relayĂ© Ă tire larigo par tes chers progĂ©niteurs, non seulement tu es la plus belle, mais en plus tu es parfaite : faire du shopping avec toi est un vrai problème, tout te va, du coup c’est un enfer pour te refuser la petite robe violette, lĂ , qui te sied si bien…
RĂ©sultat t’as tout le temps cru que tout t’allait et que franchement y’avait pas de raison que les adorables petits escarpins plats camel de chez Gap ne suivent pas le mĂŞme chemin. Limite tu n’as mĂŞme pas envie de les essayer, tu prends un 39 qui commence par un 4 (mais t’as jamais voulu te l’avouer) et vogue la galère.
Ce qui te reste de conscience de “on ne jette pas l’argent par les fenĂŞtres” et de “est-ce que le camel va vraiment bien avec un jean ??” te pousse Ă les essayer, un peu, vite fait et un seul pied, et c’est Ă ce moment prĂ©cis que ton monde s’Ă©croule.
Non seulement cette immondice laisse apparaitre tes entre-orteils, mais tu ne rĂ©ussis mĂŞme pas Ă fermer la boucle ; sans compter qu’au moment de te retourner tu notes que ton talon dĂ©passe de 5 cm de la pompe, alors que comme prĂ©-citĂ©, t’as pourtant bien pris un 39 qui commence par un 4.
Tu commences donc Ă douter. Ce que je sais depuis une vingtaine d’annĂ©es est-il erronĂ© ? M’a-t-on menti ? Ce mec qui il y a 5 ans avait vaguement dit que mes orteils ressemblaient Ă des saucisses cocktails avait-il raison ? voire mĂŞme ???????? Suis-je inadaptĂ©e Ă Gap ou est-ce Gap qui est inadaptĂ© Ă toute personne de plus de 3 ans et 4 mois ? La mode est-elle faite pour moi ? N’y vais-je pas un peu trop fort avec le Camel ? Le total-look est-il encore Ă bannir ? Quid de la saison prochaine ?
Bref, tu repars toute chamboulĂ©e, t’hĂ©sites grave entre un bon Mac Do et une dizaine de macarons LadurĂ©e, finalement tu prendras un Club Chèvre/Tomates chez Quick, ayant compris qu’aujourd’hui, c’Ă©tait pas la peine de te la jouer modasse.
5 commentsCes rĂŞves qui n’en sont pas
Il est de ces matins où dès le premier oeil ouvert, seul le découragement se profile.
Quand ce qui s’est passĂ© dans ta tĂŞte cette nuit n’est rien d’autre qu’un mauvais rĂŞve, le reflet de tes peurs, et ce putain de rĂŞve est si corriace que t’en pleures toute la journĂ©e, que tu te retrouves Ă faire des trucs idiots, Ă sortir de chez toi sans mĂŞme savoir oĂą tu vas, Ă te sentir tĂ©lĂ©-guidĂ©e, comme une voiture, tu passes les portes du Franprix, tu rentres avec saucisson et quatre paquets de bonbons, que t’alterneras avec tes Malback le temps d’une journĂ©e inutile.
Tu as le coeur qui bat tellement fort que t’en es essouflĂ©e, tout le temps, mĂŞme craquer l’allumette, pas sĂ»r que t’en aies encore la force. T’aimerais bien te mettre au boulot, t’en as tellement, mais t’es anesthĂ©siĂ©e, peur, peur, peur.
Et ce n’est qu’un rĂŞve, et t’es toute retournĂ©e, et t’en peux plus de cet Ă©tat de lĂ©thargie, tu restes scotchĂ©e au lit, tu contemples les larmes qui brĂ»lent ta peau, marre, marre, marre.
Tu te remĂ©mores ton Ă©tat d’il y a un an tout pile, tu te dis oh non ça ne peut pas recommencer, pas le mĂŞme bordel, pitiĂ©.
T’as pas la force de lutter.
Aujourd’hui. Demain ? Peut-ĂŞtre mieux.
Edit : En tapant sur Google le mot “lĂ©thargie” pour en vĂ©rifier l’orthographe, je suis tombĂ©e sur ce blog. Ironie du sort, du robot des annĂ©es 2000 ou rien d’ailleurs, cette phrase : L’ambiance gĂ©nĂ©rale est au blues. Trop gros. Trop con. Et un peu trop lucide, aussi.
Des jours comme ça où tout (tous?) se rejoint.
J’ai fini mon Moleskine, j’Ă©cris sur un plan de mĂ©tro. Si jamais, NoĂ«l c’est bientĂ´t.
Tu ne bouges pas. Il dit Tu es si statique parfois, tu me fais peur. Il peut bien dire ce qu’il veut, ça n’y changera rien.
Sur tes lèvres, t’as mis ton baume acheté à New-York il y a deux ans, celui qui fait tout froid quand tu l’appliques, et qui te brûle dès qu’une goutte d’eau s’en approche. T’as l’impression d’être Terminator, et ça te plait.
Quand t’étais petite, t’étais amoureuse du fils de la maîtresse, et le soir dans ton lit tu te disais que tomber amoureux, choisir un autre que soi, c’était super rare, ça devait pas arriver souvent : t’avais vraiment de la chance d’être dans le même espace temps que Florian. En plus, il connaissait ton prénom. Tu te disais que t’étais vraiment une fille vernie.
En attendant, que sur six milliards d’humains, celui que tu aimes t’aimes aussi, là vraiment, t’avais huit ans et t’y croyais pas une seconde.
Du coup, quand tu voyais des grandes personnes amoureuses à deux, tu te demandais vraiment comment c’était possible qu’à un moment ça ne marche plus. Tu pensais Mais vous êtes idiots, vous ne comprenez pas que vous aviez une chance sur six milliards puissance six milliards de vous rencontrer, et vous vous amusez à gâcher ça ?! Bande de nuls.
Depuis, hélas, t’as grandi, t’es tombée amoureuse, beaucoup, ça durait un jour ou plusieurs années, t’as compris qu’en fait c’était super facile de tomber amoureux, et qu’il était encore plus facile de faire tomber le garçon en même temps que toi.
Y’avait pas de l’amour à chaque fois, mais “C’était comme un pansement sur deux solitudes”, et ça t’allait plutôt bien.
Alors voilĂ , aujourd’hui c’est diffĂ©rent, le pansement a fini par ĂŞtre plus vieux que ta petite sĹ“ur, mais t’as toujours pas trouvĂ© la colle waterproof adĂ©quate. Â
2 commentsLa mer en hiver
Aller Ă la mer en hiver, c’est un peu comme arriver après la bataille.
Vestiges d’un Ă©tĂ© consommĂ©, une pelle d’enfant gĂ®t encore sur le sable, t’as un peu froid, ta mère te demande pourquoi tu y es encore retournĂ©, et toi tu dis c’est la dernière fois de l’annĂ©e, alors qu’au fond tu penses nostalgie. Parce que t’as besoin, t’as toujours eu besoin de tout ressasser pour avancer.
Tu te ballades Ă nouveau au bord de l’ocĂ©an, sous un ciel gris plomb, tu retrouves cette pierre sur laquelle tu t’Ă©tais adossĂ©e, soir d’Ă©tĂ© et rĂŞves attenants, tu cours au fond du jardin en oubliant un instant que t’es adulte, mais y’a cette fumĂ©e qui sort de ta bouche et qui t’empĂŞches d’aller plus vite.
A dix-sept heures, tu seras rentrĂ©e, nuit noire, tu enverras quelqu’un de plus costaud que toi chercher du bois dans le cabanon, tu t’installeras devant le poĂŞle, Ă l’endroit prĂ©cis oĂą tu commentais tes coups de soleil quelques mois auparavant.
T’attendras tout doucement que le sommeil t’enveloppe, tu porteras ton bonnet pour aller fumer sous les Ă©toiles, tu trembleras et tu rĂ©aliseras que t’as froid, vraiment froid. Et que t’as pas l’habitude, ici, de trembler autant.
Plus tard, tu partiras, tu retourneras à Paris, , repue, soulagée. On peut passer à autre chose. Tu te seras assez ennuyée.
Peut-ĂŞtre alors que t’arriveras Ă re-sourire quand ton rĂ©veil sonnera demain matin, sans attendre qu’il soit neuf heures moins dix, sans attendre que l’insouciance des jours d’Ă©tĂ© refasse surface, tu sauras enfin ici qu’ici il y fait moins froid que lĂ -bas.
5 commentsSi, j’aurais pu, sauf que j’ai pas venu.
Quand t’attends un message, t’es souvent tout con.
T’essaies de donner le change, tu fais semblant de t’intéresser à ce que dit l’autre, à ce que raconte la nana dans le poste, tu fais comme si la vie continuait, sauf qu’en vrai au fond de toi tout est figé.
C’est comme quand t’étais gamin, que tu te demandais si en fin de semaine la maîtresse allait te donner une image, puis plus tard, quand t’étais étudiant, que tu rassurais tes parents au téléphone alors qu’en vrai tu attendais tout frêle tes résultats d’examen.
Ou encore quand tu prends le métro, que tu compostes ton ticket comme si de rien n’était, quand tu gueules sur la grosse qui te laisse pas monter dans la rame comme si c’était un jour normal, alors qu’en fait tu vas chercher tes résultats au labo médical.
Tu fais tout comme si alors que dans le fond, t’attends qu’une chose, c’est de pouvoir à nouveau passer ta journée à taper comme une dingue sur F5, ou à vérifier tes textos dès que t’as fini ta clope. Pour ensuite te sentir toute bête, rien, toujours rien, j’ai vraiment l’air d’une conne.
T’as flippé tout ce temps pour finalement ranger ton image dans ton cartable, envoyer bouler tes parents parce que de toute façon ce que tu veux faire dans la vie c’est Artiste avec un grand A. Tu re-respires parce que franchement y’avait pas de raison de s’inquiéter, ce mois-ci t’as fait gaffe à manger un peu de viande, et parce que le message il arrivera et que tu seras de toute façon déçue de sa teneur, trop court.
Mais peut-être aussi qu’un jour tu louperas ta vie d’Artiste avec un grand A, peut-être bien qu’un mois précis t’auras trop souvent oublié de manger, et puis le message n’arrivera pas non plus, et alors tu reprendras ta vie, la peur au bide, et tu te diras que de toute façon, ça ne pouvait pas être autrement, qu’une vie avec que des soulagements ça existe pas, et alors les gens autour de toi arrêteront de persifler, et tu te sentiras comme tout le monde.
A la fin, tu penseras the show must go on, mais au fond ce sera tout vide. Comme avant.
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