Ballerines ou Converses

Apr 4

Extrait

Categorie: Humeurs

« Connaissez-vous, messieurs, mesdames, la douleur de l’ennui. Car c’est une douleur, la plus minutieuse. Elle se glisse au fond de l’âme, elle se niche entre les dents. On mange sans goût, on vit sans voir. Je m’appelle Albe, je ne crois en rien. On me parle. Les mots sont des grains de sable. L’ensemble fait un désert. J’ai perdu une chose mais j’ignore quoi. Il est même douteux que je l’aie jamais possédée, cette chose. Pourtant, c’est sûr, je l’ai perdue. Expliquez-moi qui je suis. Donnez-moi de mes nouvelles. »

Christian Bobin - “La femme Ă  venir”

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Mar 12

Attaqués à la voiture-bélier

Categorie: Parisian life

Alors voilà, ça se la pète en annonçant du bouquin à tout va, et pis plof, rien.

C’est Ă  dire que j’ai failli mourir.

Je vous rassure, je ne suis pas morte, pas comme Sabrina de Moundir (ma nouvelle passion télévisuelle).

(ApartĂ©) Sabrina, sĂ©ductrice dans l’Ă©mission “Moundir l’aventurier de l’amour”, a dĂ©clarĂ© : “Il y a quelques annĂ©es, je suis morte”. Et non, ce n’est pas une blague, doit mĂŞme y avoir des images quelque part… (Fin de l’apartĂ©)

Et donc oui, j’ai vĂ©cu un truc de dingue. Ce matin, vers 11h, je suis au bureau (comme souvent le matin vers 11h, d’ailleurs), quand j’entends, en mĂŞme temps que mes collègues tout aussi abasourdies, d’Ă©normes bruits de bris de glace, voire de mur. Notre immeuble, lui, ne cesse de trembler.

ImmĂ©diatement, comères que nous sommes, nous nous prĂ©cipitons Ă  la fenĂŞtre pour voir ce qu’il se passe. On ouvre les dites fenĂŞtres, quand d’un seul coup l’une de nous hurle “fermez, fermez, ils sont peut-ĂŞtre armĂ©s !”.

Hop, retour au centre de l’open space.

Une voiture-bélier est en train de défoncer la banque située au rez de chaussée de notre immeuble.

braquage

Ce qui est un peu idiot de la part des mecs qui ont fait ça, c’est qu’ils se sont quand mĂŞme attaquĂ© Ă  l’un des immeubles d’un des plus grands groupes de presse de France. Et donc accessoirement un mĂ©ga vivier de journalistes et de camĂ©ras.

J’vous passe les dĂ©tails, mais ça faisait pas 5 minutes qu’ils Ă©taient arrivĂ©s/partis (ça s’est passĂ© très vite), que nos collègues du JDD.fr et des autres mĂ©dias Ă©taient en train de filmer

On apprend alors qu’il n’y avait en fait qu’un (jeune) homme au volant. Un de ses potes l’attendait sur un scooter, prĂŞt Ă  partir… En gros, pas d’arme, pas de bobo, mais Ă  14h, je tremblais encore…

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Mar 4

Devinez de quoi on va parler dans les prochains jours

Categorie: Lectures

photo3

(J’ai dĂ©sormais du temps pour lire, et je surkiffe ma race…)

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Mar 3

Orly - Jacques Brel

Categorie: Lectures

Ca faisait longtemps que je n’avais plus lu.

Par manque de temps, mais surtout par fainĂ©antise. Aussi parce que je n’avais plus de bouquin qui me faisait envie, aucune razzia rĂ©cente dans une librairie.

Il y a quelques semaines, en faisant mes cartons, je suis retombĂ©e sur un livre achetĂ© il y a plusieurs mois, presque annĂ©es. Quand j’ai vu la couv’, je me suis immĂ©diatement souvenue oĂą je l’avais achetĂ©, pourquoi, ce que j’avais ressenti en le feuilletant. L’espoir que j’avais placĂ© en lui en passant Ă  la caisse, vite vite, le lire.

Mais il devait faire partie d’un bon stock achetĂ© ce jour-lĂ , et puis je n’avais pas commencĂ© par lui, et puis je l’avais oubliĂ©. Trop bĂŞte.

Ce jour-lĂ , assise par terre dans mon ancien salon, des piles et des piles de livres autour de moi, le cĹ“ur un peu gros, ça m’a fait comme quand on retrouve un vieux billet au fond d’une poche. Ou un paquet de clopes dans un tiroir un dimanche soir. Une grande petite joie.

Je l’ai empaquetĂ©, tirĂ© le gros scotch marron. Ce serait le premier bouquin de ma nouvelle vie. J’ai dĂ©cidĂ© d’attendre d’ĂŞtre dans mon nouveau chez moi pour le commencer.

Il s’appelle “J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger”, et est Ă©crit par Paul M. Marchand. Un auteur, allez j’avoue, dont je n’avais jamais entendu parler.

Eh bien ce livre est un bijou.

Une histoire d’amour, Ă©videmment. Une histoire vraie, surtout. DĂ©rangeante. Un amour qui dans nos sociĂ©tĂ©s est puni par des annĂ©es d’emprisonnement.

La narratrice n’en fait pas mystère, elle est consciente de tout ça, de ces quelques lettres :  i-n-c-e-s-t-e.

Mais c’est plus que ça, ce n’est pas tout Ă  fait ça. Extrait.

“Après avoir fait l’amour, Ă  une Ă©poque oĂą nous n’étions plus Ă  surveiller nos inhibitions, j’avais pris du bout des doigts un peu de sa semence qui coulait entre mes seins. Je l’avais laissĂ©e rouler entre les pulpes de mon pouce et de mon index, comme un nuage que j’aurais dĂ©crochĂ© du ciel.

J’étais une descendante de cette substance laiteuse, de cette Ă©cume visqueuse et Ă©paisse qui me procurait tant de plaisir et que j’aimais sentir me brĂ»ler la peau, le ventre, la langue. J’inspectais ce cristal neigeux pour voir si ça gigotait encore Ă  l’intĂ©rieur, s’il y avait quelques rescapĂ©s en train d’agoniser. Je recelais ma genèse entre les doigts ; de cet excĂ©dent d’euphorie, presque une incontinence, j’étais donc nĂ©e…

Sous mon oreille, j’entendais danser le cĹ“ur de « mon père ». J’ai rompu le silence en lui disant que j’examinais mes origines, la source vive de ma naissance. « Mon père » s’est levĂ© d’un bond, il Ă©tait agitĂ©, il m’a dit : « Ne dis pas ça… Ne dis pas ça… »”

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Feb 23

En haut de ma butte

Categorie: Humeurs

butte

VoilĂ , ça, c’est la vue depuis ma nouvelle fenĂŞtre.

J’ai dĂ©mĂ©nagĂ© il y a une semaine. Je vis maintenant en haut de la butte, aux Abbesses.

C’est joli, ici.

Après beaucoup d’annĂ©es, je revis seule. J’aime bien ne voir que mes livres dans mon salon, j’aime bien ne retrouver que mon bordel, le soir, en rentrant. Evidemment, il n’y a plus personne pour me demander comment s’est passĂ©e ma journĂ©e.

De toute façon, la rĂ©ponse est toujours la mĂŞme : “j’ai bossĂ© comme une dingue”.

Je refuse de trouver la situation triste. Je me dis que c’est une nouvelle aventure qui commence. Je me dis qu’il n’y a aucune loi qui interdit les gens qui ont vĂ©cu ensemble de se revoir.

J’Ă©coute les tĂ©moignages des copines, mon champ de vision s’Ă©largit. En mĂŞme temps, c’est facile, en haut de ma butte, j’ai tout Paris sous les yeux.

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Jan 24

Ras le bol de me faire traiter de pute quand je porte une minijupe.

Categorie: Humeurs

Si vous lisez le magazine ELLE, vous avez du le voir, cette annĂ©e le journal rĂ©-organise les Etats gĂ©nĂ©raux de la femme. J’ai envie de vous en parler, mais pas parce que je travaille lĂ -bas, juste parce que contre toute attente, ça me touche. Je vais essayer d’ĂŞtre la plus sincère possible, c’est pas pour faire de la pub, juste parce qu’au dĂ©but je m’en fichais, et que j’ai fini par trouver en moi une once de militantisme, un truc de ouf.

Donc, quand je suis arrivĂ©e lĂ -bas, j’ai très vite su que j’allais bosser sur le sujet. Ce qui en soi m’embĂŞtait, puisque les Etats gĂ©nĂ©raux, j’en avais jamais entendu parler.

Du coup, pour ne pas paraĂ®tre trop inculte, j’ai lu pas mal de trucs, achetĂ© les anciennes encyclopĂ©dies datĂ©es 1970 sur Ebay, posĂ© des questions et des questions. J’ai appris que ces Etats gĂ©nĂ©raux de la femme avaient dĂ©jĂ  eu lieu en 1970, que les femmes s’Ă©taient mobilisĂ©es pour faire se faire entendre, pour faire bouger les choses.

Relancer ces dĂ©bats, cette consultation des Françaises en 2010, j’ai au dĂ©but pas tellement compris pourquoi. On vote, on prend la pilule, on travaille et parfois mĂŞme on a des fuck friends. En prenant ma vie comme exemple, je ne voyais pas ce que j’avais Ă  revendiquer, mon mec faisant mĂŞme la vaisselle.

Ca me mettait vraiment dans une sale situation, cette histoire, vu que j’Ă©tais quand mĂŞme censĂ©e donner envie aux autres nanas de s’inscrire aux tables rondes, mais que moi, je n’aurais rien eu Ă  dire.

Et puis ma chef a eu cette phrase : “T’es sĂ»re que toi, Marion, tu n’as rien Ă  revendiquer ? Tu crois vraiment que si tu avais Ă©tĂ© un homme, ta vie aurait Ă©tĂ© la mĂŞme ?”

Au dĂ©but, j’ai dit oui.

Les collants plumetis en moins, mais c’Ă©tait pour faire une blague.

Et puis je me suis souvenue des salaires de mes compatriotes masculins, j’ai entendu mes amis parler d’une fille qui avait couchĂ© avec pas mal de garçons, j’ai entendu “tous les mecs de la place de Paris”, j’ai entendu “salope”.

Ce qui est drĂ´le, c’est que quelques jours plus tĂ´t, on avait eu une discussion avec mes collègues sur l’adage “Un homme qui couche avec plein de filles, c’est un Dom Juan, une fille qui couche avec plein de mecs, c’est une salope”.

Les filles disaient que ce n’Ă©tait plus vrai. Plus aujourd’hui.

Une autre a nuancĂ© en disant que ce n’Ă©tait plus le cas des femmes à Paris, mais qu’en province, c’Ă©tait toujours plus difficile pour ces filles.

Moi, j’ai rien dit, parce que j’Ă©tais sĂ»re de rien.

Mais lĂ , après quelques trucs vĂ©cus ces derniers jours, je suis persuadĂ©e qu’Ă  Paris comme en province, une fille qui aime sĂ©duire reste une salope. Qu’une nana qui porte une minijupe continue Ă  se faire traiter de pute. Que pour avoir un contrat digne de ce nom, il faut davantage se battre, et mĂŞme parfois en usant de quelques sourires.

Ces Etats gĂ©nĂ©raux de la femme, je m’y sens finalement impliquĂ©e. Je suis fière d’y participer, mĂŞme si c’est un boulot de dingue, mĂŞme si je me sens toute petite en face d’une Ă©norme montagne, mĂŞme si, heureusement, on a moins Ă  revendiquer.

Si ça vous intéresse, vous pouvez lire des interviews ou vous inscrire aux tables rondes ici : http://www.elle.fr/elle/Societe/La-parole-aux-femmes

Ensemble, j’espère, nous serons plus fortes.

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Jan 20

T’es trop belle !

Categorie: Humeurs

C’est bizarre, je trouve, un compliment.

J’ai jamais vraiment rĂ©ussi Ă  en faire sans que ça sonne faux. Alors que clairement, je pense beaucoup de bien des personnes qui m’entourent, mais ça passe pas le seuil de mes lèvres.

Y’a un peu plus d’un an, j’ai rencontrĂ© une fille incroyable, qui porte le mĂŞme prĂ©nom que moi (ça a un peu aidĂ© au copinage).  Cette fille, Marion (le suspens est pas hyper intense, hein), a le compliment Ă  portĂ©e de langue, tout le temps, mĂŞme quand elle vit un putain de truc dur, elle oubliera pas de te dire que “t’es trop belle aujourd’hui”, que tes cheveux brillent (c’est parce qu’ils sont sales) ou que ton sac Ă  main Chanel est dĂ©ment (c’est un Zara).

Pourtant, ou plutĂ´t en plus, Marion bosse dans la mode. Imaginer des looks, crĂ©er des styles, c’est son mĂ©tier. Je pense que dans le fond, pour reprendre l’exemple du sac, elle avait très bien vu que c’Ă©tait un Zara, ou un truc de chinetoc. On la lui fait pas. Quand une copine lui raconte que c’est chaud avec son mec, elle va toujours trouver un chouette truc Ă  dire sur le mec, mĂŞme si elle se rend bien compte, parce que Marion est une fille intelligente, qu’il y a un truc qui cloche dans cette relation. Mais elle prĂ©ferera en dire du positif, pour pas plomber la copine. Elle dĂ©fend toujours tout le monde. Sauf ses stagiaires, des fois, mais le lendemain elle culpabilise comme une dingue.

C’est un truc que je trouve fabuleux, en elle. A ses cĂ´tĂ©s, on se sent la fille la mieux du monde.

Alors, pour pas trop rougir, quand elle demande : “tu fais quoi ce soir ?”, je rĂ©ponds souvent “je vais d’abord faire caca, ensuite je verrai”.

Et après on se marre comme des baleines.

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Jan 6

Femme Ă  lunettes…

Categorie: Humeurs, J'adore la mode

…femme qui se la pète. Eh ouais, c’est forcĂ©.

Mais m’en fous.

Depuis genre 2 semaines, j’ai des lunettes. (Mensonge : j’en porte depuis que je suis au lycĂ©e, mais les autres Ă©taient moches.)

Donc depuis genre 2 semaines, j’ai des lunettes que je trouve belles.

Et que du coup je porte tout le temps, mĂŞme quand je suis pas devant un ordi, c’est Ă  dire mĂŞme quand j’en ai pas besoin, juste pour me la jouer.

Voilà, je ressemble à ça :

lunettes1

Je les cherchais depuis un moment. Au dĂ©but (comme tout le monde), je voulais les Wayferer de Ray-Ban, mais comme c’Ă©tait trop comme tout le monde et qu’en toute objectivitĂ© j’avais dĂ©jĂ  3 ans de retard, je me suis dit que j’aurais l’air con avec.

Alors j’ai pris celles-ci. Au rayon homme de chez Afflelou, parce qu’au rayon femme ça faisait trop mĂ©mère.

De toute façon, en ce moment je ne me fringue qu’en mec, et j’adore ça.

Peut-ĂŞtre qu’un jour si je suis motivĂ©e je vous montrerai mon manteau d’homme, mes pompes d’homme et mon Ă©charpe d’homme, mais pas lĂ , j’ai la flemme.

Et donc, ces lunettes. J’vais parler franc et tout avec vous, avant, je me trouvais fadasse. Faut dire que blonde au teint de bidet et aux yeux bleus, on a fait plus colorĂ©. Ah pardon, j’oubliais les boutons.

Ouais, du rouge quoi.

Et bin depuis que je les porte, je trouve qu’enfin, j’ai un style. J’ai pas dit du style, hein, attention, j’ai dit un style, qui je trouve me correspond pas mal. Du genre mec, mais avec les cheveux longs.

Du genre Jean Sarkozy.

Nan je l’ai pas dit.

Ca me dessert, trop, attends !

Merde, maintenant je re-regarde la photo, et je me trouve des ressemblances avec lui.

Chier.

Ca y est, je suis déprimée.

Adieu, mes cailles.

Je m’en vais prĂ©sider l’Epad, et bordel, y’a du boulot.

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Jan 4

J’attends le printemps

Categorie: J'adore la mode

VoilĂ , les fĂŞtes sont passĂ©es, j’attends dĂ©sormais le printemps.

J’envisage de faire “rien” d’ici le 20 mars prochain, ah si, peut-ĂŞtre les soldes, et encore, vu que je les ai dĂ©jĂ  faites.

Faut dire que la tentation de commander Outre-Manche était grande. Car les leurs commencent avant. Beaucoup avant.

Et que pour 103 euros port compris, j’ai pu m’offrir ça :

Merci Dorothy Perkins.

Sauf que le manteau, Ă  l’arrivĂ©e, il est violet, et pas bleu Ă©lectrique. Sa race.

Comme les bottes que je me suis offertes sur La Redoute la semaine dernière. Dites bottes qui étaient aussi censées être bleu électrique, et qui arrivent bleu marine.

Enfin, point de bleu klein pour moi cette saison, tant pis, je me rabats sur le gris souris.

PS : Vous notez que point de voeux il y a dans ce billet ? C’est normal, j’en ai marre. Mes lèvres refusent dĂ©sormais de prononcer le moindre “bon#&!@ aaa@#&!Ă©e”. Voyez, mĂŞme mon clavier refuse.

MĂŞme si je vous la souhaite, of course, belle et heureuse.

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Dec 29

Petite question

Pourquoi est-ce que c’est toujours LE jour oĂą on rĂ©ussit son brushing qu’il pleut Ă  verse ?

Y’a une loi mĂ©taphysique dont je n’ai mystĂ©rieusement jamais entendu parler ?

C’est une vengeance ?

Vos thĂ©ories sont les bienvenues…

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